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  • La maison Hurtubise aujourd’hui. (c) Martin Blais

    Premières en affaires fait un retour dans le temps en vous présentant des portraits de lieux historiques montréalais. Cette semaine : la maison Hurtubise.

    En plein cœur de Westmount, on retrouve le bureau le plus rustique sur l’île de Montréal. Comme tous les autres, il est équipé des outils nécessaires, d’un ordinateur et d’un téléphone qui sonne à fréquence variable. Comme plusieurs autres, il est envahi de papiers, de dossiers en attente. C’est un bureau banal. En fait, sa seule particularité, c’est d’être situé au deuxième étage de la plus vieille maison du quartier, un endroit témoin de l’évolution fulgurante de Montréal, colonie devenue métropole.

    Il y a un peu moins de 300 ans, la maison Hurtubise était la résidence d’une famille d’agriculteurs nombreuse et prospère. C’est désormais le lieu de travail d’un seul homme. Jacques Archambault y loge quelques jours par semaine pour diriger les affaires de Héritage canadien du Québec, l’organisme à but non lucratif qui assure la conservation de la maison et qui en est propriétaire. Ou plutôt, propriétaire par principe. « On ne peut pas y planter un clou sans l’approbation du ministère », raconte M. Archambault. La maison et le terrain sur lequel elle se situe, une ancienne ferme, ont été classés « site patrimonial » par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec en 2004, soit un peu moins de 50 ans après son acquisition par Héritage canadien afin d’éviter sa démolition. Depuis, la moindre petite modification ne peut y être faite indépendamment de l’avis du gouvernement.

    C’est en raison de sa riche histoire que la maison est ainsi protégée. Une visite du bâtiment révèle les particularités de multiples époques et les aménagements successifs exécutés par six générations de la famille Hurtubise, qui l’ont habitée jusqu’en 1955. Les murs en pierre au fini brut et les structures de bois équarries à la main qui les soutiennent témoignent des techniques de construction « typiques du Moyen-Âge » et toujours utilisés au XVIIIe siècle, explique M. Archambault. Dans la cuisine, le recouvrement du plancher illustre le passage du temps : au bois nu succèdent le linoléum usé à la corde et le tapis à motif floral. Le vieil évier de pierre, rempli avec l’eau trouvée au puits et vidé en enlèvant un bouchon sous la fenêtre, rappelle la vie à une époque où les commodités n’étaient pas les mêmes. Ce système sans tuyau était à l’abri des inconvénients du gel en hiver et permettait l’irrigation des plantes situées à l’extérieur sous la fenêtre, en été.

    Des environs en mutation

    L’emplacement enviable de la maison, à l’angle du chemin de la Côte-Saint-Antoine et de l’avenue Victoria, ne l’est pas depuis toujours. Une étude patrimoniale réalisée par Alan Stewart et Léon Robichaud, remise au Ministère de la Culture et des Communications en 2001, révèle que Westmount a déjà été considérée comme « dangereuse ». Lorsque Louis Hurtubise a acquis son terrain auprès des frères sulpiciens dans les années 1680, celui-ci était détaché du reste de la colonie. Le chemin de la Côte-Saint-Antoine était ainsi surnommé le « chemin de la haute folie » : situé à cinq kilomètres des remparts de la ville, toute personne saine d’esprit ne s’y installerait pas en raison du danger d’attaques d’Iroquois.

    Devenu sécuritaire au fil du temps, le Mont-Royal s’est peuplé et la ferme des Hurtubise n’a cessé de se fragmenter. L’étude Stewart-Robichaud indique qu’au moment de son acquisition, la ferme des Hurtubise avait des dimensions impressionnantes de 29 arpents (1,7 kilomètres) par 9 arpents (0,5 kilomètre). S’étirant de la rue Sainte-Catherine au sud jusqu’à la rue Sunnyside au nord, cette terre abriterait près de 5000 personnes selon la densité de population compilée par la Ville de Montréal en 2006 . « Tranquillement, elle a été divisée entre les frères de la famille. Au 19e siècle, ils ont commencé à vendre des parties du terrain, », dit M. Archambault. La propriété actuelle a été réduite à moins de 3000 mètres carrés.

    Une cohabitation imparfaite

    Malgré les histoires qui l’habitent, la maison Hurtubise n’est pas un musée et ne le deviendra pas de sitôt. « Il faut proscrire ce mot. C’est une maison historique qui sert à des fins d’éducation », précise Jacques Archambault. Ce jargon s’impose parce que l’idée de l’implantation d’un musée à cet endroit cause problème. Son nœud est net : c’est le voisinage qui y est réticent. « Les gens ne veulent pas voir d’autobus de visiteurs ici », poursuit-il. De même, la Ville de Westmount craint l’ouverture d’un endroit touristique ouvert tous les jours, « en raison de la menace pour la quiétude des lieux », précise M. Archambault. En raison de cette situation ambiguë, les intéressés visitent les lieux sur demande ou lors d’évènements culturels, des occasions pour s’imprégner de cette maison figée dans le temps, impérissable.

    Par Martin Blais, journaliste

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