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Anne Marcotte
La célèbre finale du spectacle de Céline sur les Plaines d’Abraham avec Ginette Reno m’a émue. « Aller un peu plus haut, un peu plus loin », ont-elles chanté. C’est ce que j’ai toujours recherché et espéré dans la vie. Sans savoir si, un jour, je finirais par y arriver.
Adolescente, ce « un peu plus haut », ce « un peu plus loin », ne pouvait pour moi passer que par l’entrepreneuriat. Mais comment devenir entrepreneure et comment, ensuite, progresser dans ce milieu ?
Il n’y avait pas 36 solutions. En fonçant et en faisant du mieux que je pouvais. C’est peu de temps après avoir pris cette résolution que s’est présenté sur mon chemin cette espèce assez répandue dans le monde des affaires : les semeurs de doute.
Éclairés ou sournois ?
Il y a les semeurs éclairés, ceux qui soulèvent ce doute sain qui vous évitera de trébucher ou d’emprunter une voie sans issue. Ce n’est pas d’eux que je parle. Plutôt de l’autre type : les semeurs sournois.
Ils vous laisseront croire que vous êtes loin d’avoir ce qu’il faut pour réussir. Que, de toute façon, vous n’irez pas bien loin. On dit que le soleil brille pour tout le monde. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour réaliser que ce n’est pas tout le monde qui souhaite voir les autres sortir de l’ombre.
Pourtant, j’étais loin d’être une personne menaçante. Je n’avais rien. Et j’étais sans moyen. Mon seul et unique actif se résumait à un mot de trois lettres : moi. Ce « moi », il avait envie de rayonner.
Étouffer le potentiel
Et le tout premier semeur sournois à marquer mon cheminement semblait l’avoir très bien compris. Il s’est acharné à tenter de briser mon estime personnelle et ma confiance. D’étouffer mon potentiel. Et ce, dès le moment où il a vu que j’avais le goût de faire quelques pas pour aller un peu plus loin dans la vie.
Année après année, il s’acharnait à me répéter que j’étais plutôt idiote, que mes propos tenaient souvent du ridicule, que je n’étais qu’une envieuse, une jalouse. Une pauvre fille à l’allure anorexique qui, en plus, avait, au beau milieu de son sourire, une dent bien mal foutue. Tout cela me brimait. Il aurait pu facilement m’éloigner de mes rêves.
Mais un jour, j’ai tout de même réussi à me lancer en affaires. À ce moment, j’étais persuadée que le semeur de doute allait enfin cesser ses désobligeantes remarques. Erreur. Il en a profité pour en rajouter. « C’est ridicule, c’est toi qui réponds au téléphone. C’est loin d’être professionnel, ton affaire. T’as l’air folle devant tes clients. T’es même pas capable de te payer une secrétaire ! ». Non, je n’en avais pas les moyens. J’espérais cependant pouvoir lui montrer que, un jour, j’y parviendrais sûrement.
Quelques années ont passé. Un événement intéressant s’est présenté sur mon chemin. Un événement qui allait probablement faire taire à jamais le tenace semeur de doute. Ce soir-là, j’ai reçu un prix entrepreneurial de la communauté des affaires. J’ai eu à prononcer un discours devant un auditoire de près de 1000 personnes.
Le siège réservé à mon coriace semeur de doute était vacant. Il avait annulé sa présence deux heures avant l’événement. Cette personne, qui me laissait continuellement croire que, dans la vie, je n’irais pas bien loin, n’a pas assisté à mon discours.
Mais le lendemain, il m’a appelée afin de ridiculiser ma photo parue dans les journaux, où j’affichais un large sourire.
Ce que j’ai appris…
Sur le chemin de nos plus hautes ambitions, on croise inévitablement des semeurs de doute sournois qui préfèrent qu’on n’aille pas trop loin. Et même que l’on reste sur place. Il vaut mieux ne pas leur accorder trop d’attention. Ils n’ont malheureusement pas encore compris ce que veut dire Ginette Reno.
Femmes d’affaires, c’est une tribune pour vous ! Je vous remercie de partager avec moi vos rêves, vos ambitions, vos anecdotes stimulantes, vos succès, vos inquiétudes, etc. Vos courriels sont nombreux et vos histoires m’intéressent. anne.marcotte@vivemtia.ca
Le 28 février, je serai l’invitée de Premières en affaires, à l’occasion d’un lunch-conférence « Un livre, un leader » où je viendrai parler de « The Why Café » de John P. Strelecky.





13 Commentaires
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