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  • Nancy Venneman, presidente et fondatrice, Altitude Aeronautique

    Altitude Aérospace, bureau d’ingénierie spécialisé dans la conception, l’analyse structurelle et la certification fêtera ses dix ans en novembre. Avec une croissance de 5 000% ces sept dernières années, l’entreprise a su s’imposer comme un acteur unique et innovant dans l’univers aéronautique.

    Nancy grandit dans un petit village de la Montérégie, dans une famille de sept enfants. Ses parents, immigrants venus des Pays-Bas, sont agriculteurs. Issue d’un milieu plutôt traditionnel où les garçons travaillent à l’extérieur et les filles à l’intérieur, Nancy s’échappe régulièrement des tâches ménagères. Elle préfère passer du temps à faire des travaux manuels avec son père, comme de la soudure sur de la machinerie.

    Déclic

    Malgré un intérêt pour les mathématiques et les sciences, l’adolescence est indécise quant à son orientation de carrière. Après un diplôme d’études collégiales à Saint-Jean-sur-Richelieu, elle passe une année à Londres, et c’est là qu’elle entend parler pour la première fois du génie. « C’était un domaine très flexible. Il me permettait d’exercer plusieurs professions dans des secteurs très différents, tout en ayant la possibilité de voyager. » Après quatre ans à l’école Polytechnique en génie mécanique, elle fait son entrée chez Bombardier. Elle occupe plusieurs postes, dont la certification d’aéronefs et la gestion de projets. Mais c’est véritablement lorsqu’elle est mutée au département de l’ingénierie au service de la clientèle qu’elle trouve sa voie. Elle y est chargée de faire des modifications et des réparations sur des avions en service, notamment lorsqu’il y a une défectuosité sur un appareil. « J’aimais voir les grands défis des lignes aériennes. Il fallait toujours agir dans l’urgence, mais on avait vraiment l’impression d’accomplir quelque chose pour le client. »

    Néanmoins, elle se rend rapidement compte qu’il est difficile de répondre aux problématiques spécifiques des compagnies aériennes, puisque les donneurs d’ordres, comme Bombardier, s’occupent uniquement des grands enjeux concernant toute la flotte. Or, ces petites modifications très techniques, si elles peuvent parfois sembler anodines, ont un réel impact décisif. Ce service étant quasiment inexistant sur le marché,, Nancy flaire l’opportunité. En 2005, elle décide de réaliser un de ses plus grands rêves : se lancer à son propre compte.

    Saut dans le vide

    « Je suis une personne travaillante, qui n’a pas peur de donner tout ce qu’il faut lorsque c’est nécessaire. Et c’est ce que cela prend pour être entrepreneur : il faut vouloir à tout prix ! » Une fois son plan d’affaires établi, Nancy se lance donc corps et âme dans son entreprise, avec ses propres économies. En autodidacte, elle doit rapidement s’approprier les compétences fondamentales d’un chef d’entreprise, comme le marketing ou la comptabilité. « La première fiche de paye que j’ai faite...j’ai dû appeler un ami ! », se souvient-elle en riant. Mais quand je suis mise au défi, je prends les choses en charge, et c’est là que le meilleur de moi sort. » Nancy Venneman reconnaît toutefois que les premières années ont été extrêmement exigeantes. Elle doit concilier des semaines de 80 heures de travail avec une vie de famille, dont deux enfants en bas âge. Pour y arriver, elle renonce à toutes activités sociales ou personnelles, y compris le sport. Un coup dur pour cette grande sportive, qui éventuellement développera des problèmes de dos. « Cela a été difficile. Il y a eu beaucoup de compromis qui ont été faits. », admet-elle.

    En 2008, elle s’associe avec Fadi Al-Ahmed, un ancien collègue de chez Bombardier qui possède une expertise en aérostructure. Rapidement, la division des tâches se fait avec son partenaire d’affaires. Fadi forme et travaille avec les ingénieurs ; Nancy s’occupe davantage du côté stratégique de l’entreprise, ainsi que du développement des affaires, de la comptabilité et des ressources humaines. « On ne s’est jamais marché sur les pieds et on ne s’est jamais battu pour des rôles ou des responsabilités. Cela s’est fait tout naturellement ».

    Le décollage

    Avec un partenariat solide à sa tête et une demande très forte, l’entreprise croît rapidement. « C’est simple, presque tous les ans, nous doublions aussi bien le chiffre d’affaires que la taille de l’équipe ». Recruter dans un contexte de pénurie d’ingénieurs s’avère leur plus grand défi. Pour remédier à ce problème, Nancy se tourne vers l’étranger et n’hésite pas à embaucher des employés ayant moins d’expérience, mais avec une plus grande capacité d’apprentissage. En trois ans, l’équipe passe de huit à soixante personnes. « C’était exigeant, car nous essayions de gérer toute la croissance de l’entreprise, c’est-à-dire l’aspect technique, la signature des dessins, toute la révision du travail d’ingénierie, en plus de la formation du personnel ». Pourtant, ce dont elle est la plus fière aujourd’hui, c’est son équipe, et la culture d’entraide entre les employés. « On a vraiment une belle équipe. Elle est homogène, elle est forte en expérience, et présente la capacité de porter l’entreprise à une deuxième phase ».

    Viser plus haut

    Cette deuxième phase, c’est celle que vise Nancy Venneman, déterminée à élever sa compagnie encore plus haut. Pour s’aider dans ses objectifs, Altitude Aerospace a fait l’acquisition en 2013 d’une entreprise manufacturière – son ancienne sous-traitante – pour une valeur de trois millions de dollars. Avec comme objectif de devenir un intégrateur clé en main, œuvrant aussi bien dans le secteur de l’ingénierie que dans celui de la fabrication et de l’assemblage des pièces.

    En effet, l’une des expertises les plus recherchées de l’entreprise est la réparation, car elles sont peu nombreuses à l’offrir, même au niveau mondial. Par exemple, lors d’un atterrissage un peu violent, des pièces de l’avion peuvent être endommagées. Les ingénieurs font alors une évaluation et réalisent des dessins de détail, d’assemblage et d’installation pour les réparations, lesquels sont ensuite certifiés par Transport Canada ou l’autorité locale. Les pièces à remplacer sont par la suite commandées au donneur d’ordre d’origine. Enfin, Altitude Aerospace assiste la compagnie aérienne dans l’installation.

    Grâce à sa nouvelle capacité manufacturière, l’entreprise peut désormais fabriquer elle-même les pièces à réparer et développer des produits qui leur sont uniques. « Dans les dix prochaines années, nous voulons apporter quelque chose de nouveau et d’innovant au domaine aéronautique », explique-t-elle. Face à la nécessité constante de se renouveler dans une industrie qui évolue rapidement, l’entreprise a mis en place un département interne de recherche et de développement. La priorité est de trouver des solutions pour réduire le poids de l’avion afin qu’il soit moins coûteux à opérer en service. Si traditionnellement l’aluminium était largement utilisé, l’industrie se tourne davantage vers des alliages de composites. Or, la fabrication du composite est beaucoup plus difficile à maîtriser, mais aussi à reproduire. Un défi auquel Nancy Venneman compte bien apporter des solutions dans le futur.

    Une part importante des activités de l’entreprise est également consacrée au soutien du développement de nouveaux appareils pour les grands donneurs d’ordre canadiens. Pour continuer à grandir, Altitude Aerospace veut étendre son offre de services à l’étranger. « Il y a beaucoup de petites et grandes entreprises au Québec, mais très peu de moyennes. La clé pour croître est de travailler vers l’exportation ».

    Femmes de génie

    Dans son univers sans nuages, Nancy Venneman n’a qu’un seul regret : qu’il n’y ait pas davantage de modèles féminins en entrepreneuriat, et en particulier en génie. « Je suis une personne plutôt discrète, et j’avais une certaine réticence à parler de nos succès. Mais je pense que les femmes ont intérêt à faire carrière en génie. Aussi, c’est important que davantage de femmes racontent leur expérience d’entrepreneure. » Son meilleur conseil, pour celles qui seraient tentées par l’aventure entrepreunariale, est de faire un plan d’affaires détaillé...mais également flexible. « J’avais plusieurs options dans mon plan d’affaires, et j’y retourne souvent pour le faire évoluer. Parfois, on se rend compte qu’on avait vu les bonnes choses dès le départ ». (Elle avait en effet inscrit la fabrication de pièces aéronautiques à son plan dès 2005).

    Avec toute cette ambition, Nancy Venneman est pleinement tournée vers l’avenir : « Je vois les échecs et les défis comme des opportunités de se développer. Je regarde rarement en arrière, je regarde toujours en avant. » Et nous pourrions ajouter, toujours plus haut.

    Par Marine Thomas

    Entrevue publiée dans le numéro Génie-Entrepreneuriat de février 2015.

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