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  • Michelle Bourassa, Marie-Josée Lamothe et Margarita Lafontaine- « Un livre, un leader »

    Le jeudi 22 novembre, à 11h45 à l’Hyatt Regency de Montréal Marie-Josée Lamothe, CMO & CCO chez L’Oréal Canada et Michelle Bourassa l’auteure du livre « Une femme comme il faut » étaient les invitées pour la rencontre : « Un livre, un leader », organisée par Premières en Affaires.

    Après cette rencontre allant droit au cœur, à mon retour au travail en après-midi je croise du regard dans le journal Le Devoir, un article s’intitulant « Le MBAM retourne une tête maori en terres ancestrales ». On y parlait de valeurs spirituelles et sacrées du corps humain car cet artefact (est-ce le bon mot ?) fut exposé pendant des années comme un objet de voyeurisme esthétique, anthropologique et culturel. Il y a longtemps que j’avais vu de telles valeurs culturelles et éthiques s’exprimer.

    La conférence-midi a eu pour moi une résonnance de ce type. Nous n’étions pas dans l’affichage du statut social, ni le bling-bling, ni l’esbroufe.

    Il y avait dans cette rencontre un rituel de très grande beauté. Le dévoilement d’une personnalité puissante par son humilité et son audace. Michelle Bourassa, fille de Robert Bourassa, s’est présentée à nous comme elle l’a fait aux étudiants avec qui elle a repris ses études aux HEC, sans fard, sans parade de séduction. Être dans l’ombre d’une personnalité politique comme celle de Robert Bourassa, premier ministre du Québec pendant de longues et héroïques années, n’a pas été chose facile. Michelle a parlé de son père avec tendresse mais néanmoins sa situation personnelle à cette époque fut accablante. Depuis, le livre a joué pour elle un rôle de rédemption et de renaissance.

    Marie-Josée nous a aussi touchés par son geste qui manifestait une vraie noblesse de cœur. Elle rendait à Michelle la générosité que celle-ci lui avait prodiguée pendant leurs années au Collège Sainte-Marcelline. Michelle avait invité la grande Marie-Josée à venir défiler sur le runway de l’école ! Bien que réticente, Marie-Josée a découvert à cet instant un aspect d’elle-même, sa stature physique et sa prestance. Des années après, elles se repassaient les pouvoirs et c’était impressionnant et réconfortant d’assister à leur échange.

    Michelle a partagé ses expériences avec aisance et assurance. Il y avait même des confessions. En avouant sa déficience d’attention, elle a suscité plein de commentaires de la salle qui retrouvait le plaisir d’être naturel et de pratiquer l’expression de soi comme langage et thérapie. La simplicité de l’approche était très convaincante et très puissante. L’acceptation de soi, la reconnaissance franche de ses particularités, de ses différences et de ses faiblesses manifestent en fait une grande force. Le passage de l’écriture transforme sans doute la défaillance et la dote d’une sorte de fluidité, de mobilité attrayante.

    Bien involontairement mise à l’ombre par un père célèbre et une mère fortunée, Michelle a transcendé un destin lourd et tyrannique. Une sorte de malheur des riches, elle est allée ailleurs et a assumé sa créativité, son inspiration artistique et ses déboires. Elle m’a franchement et vraiment inspirée pour l’écriture de mon livre. Aucune justification pour ne plus le faire. La prolificité de son écriture m’a aussi beaucoup plu.

    Marie-Josée a aussi traversé de l’autre côté du miroir. Le geste de vouloir rendre la pareille à Michelle des années après ce qu’elle lui avait apporté manifestait une loyauté remarquable.

    Ce midi-là, peu ou pas de technologie. Je n’ai pas vu tweeter, ni prendre de photos avec les iPhones. Cette sobriété était la marque de l’événement, à l’image de Marie-Josée qui racontait sa première journée chez L’Oréal comme responsable d’une marque mondiale. Rien dans le bureau, que le bureau lui-même, un pad de feuilles blanches, pas de iPad, même pas d’ordinateur, une machine à café et une machine pour les rêves, toute la place pour l’imagination et la stratégie. Marie-Josée parlait de sa quête de moyen et long terme en allant des ventes au marketing.

    Ces deux femmes ont ouvert grandes les fenêtres sur d’immenses perspectives : la dimension humaine, recherchée, sentie, développée, assumée, communiquée.

    Puis vinrent les questions de la salle comme une marée montante. Les femmes étaient encouragées à s’ouvrir et à ne pas cacher les failles, les gênes, les hontes anciennes, les refoulements. Pourtant, on était très loin des confessions publiques à la grande messe de la médiatique Oprah ou du Dr Phil. On était dans les petites choses, le je-ne-sais-quoi et le presque-rien, comme disait Jankélévitch.

    Un de ces moments ineffables.

    À propos de l’auteure

    Louise Guay est présidente du Centre de cocréation et d’innovation ouverte Living Lab de Montréal où elle mène des projets porteurs touchant les transports urbains intelligents, la ludification et l’économie ouverte, qui lui permettent d’expérimenter de nouvelles approches de consultation publique en co-design urbain.

    Entrepreneure chevronnée, elle a créé Mon Mannequin Virtuel, un avatar de soi photoréaliste utilisé comme miroir électronique. Son doctorat comportait déjà une recherche fondamentale sur l’identité virtuelle. On la retrouve sur Twitter, Facebook, LinkedIn et Google+.

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