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  • Henri Matisse Le Luxe I et Le Luxe II

    Serez-vous à New York bientôt ? Si tel est le cas, l’exposition « Matisse » est assurément à ne pas manquer. Montréal offre également des expositions fort intéressantes.

    J’en souligne quelques-unes.

    Matisse : In Search of True Painting

    Au Metropolitan Museum of Art, New York. Jusqu’au 17 mars 2013

    Cette exposition a ceci d’extraordinaire qu’elle nous montre les dessous de l’œuvre de Henri Matisse (1869–1954), un des artistes français les plus acclamés par la critique durant la première partie du XXe siècle. En effet, il est assez rare qu’une exposition présente la démarche d’un artiste, se contentant généralement de montrer son aboutissement.

    Matisse avait pour obsession d’atteindre l’essence du réel. Pour y parvenir, il n’a cessé de reproduire le même tableau sous un angle différent et d’inventer de nouveaux processus créatifs. Peindre, repeindre, opposer, répéter les mêmes compositions selon des traitements distincts, lui permettait d’explorer sans cesse la peinture et d’avancer dans son travail et sa recherche. Il tentait d’exprimer dans une même oeuvre la réalité matérielle de l’objet et l’imagination créatrice.
Artiste perfectionniste, souvent dans le doute, il remettait sans cesse en cause son travail. Autant de questions qui contribuèrent au développement de l’art moderne. Montrée précédemment au Centre Pompidou, à Paris, cette exposition s’intitulait « Paires et Séries ».

    C’est vers 1906 que, pour la première fois, Matisse commence à réaliser de manière méthodique des paires de grands tableaux reprenant les mêmes motifs. Prenons cet exemple : les œuvres intitulées Le Luxe I et Le Luxe II, 1907, que l’on voit ci-haut. La différence entre les deux œuvres ? La première est traitée en volume et présente des dégradés de couleur dont la technique rappelle Cézanne, que Matisse admirait. La seconde toile, quant à elle, est traitée en aplats, avec des couches de couleur uniformes. Lorsque Matisse reprend un motif, il l’approfondit. Si le premier tableau, exécuté d’une peinture fluide et légère, semble de l’ordre du « jaillissement spontané », le second, qu’il nomme « tableau d’expérience », apparaît au contraire plus réfléchi. Les analyses scientifiques révèlent d’ailleurs des couches de peinture successives, stigmates d’une lente gestation. Cette seconde version tend également souvent à la simplification des formes, à la stylisation. Comme si le peintre voulait gommer l’anecdote, pour atteindre l’intemporalité.

    Pour autres exemples, suivre le lien : Les peintures en exposition

    À partir de 1930, Matisse fait appel à la photographie pour conserver la trace des différents stades d’avancement de ses tableaux. En 1945, il présente au public, dans une exposition à la galerie Maeght (Paris), ses oeuvres récentes accompagnées de tirages agrandis et encadrés de ses photos. Celles-ci montrent l’évolution de son travail, de ses états successifs l’ayant mené au tableau final. Ce peintre, il va sans dire, était un travailleur acharné.

    Pour en savoir plus :

    Sur l’exposition Matisse à New York

    Sur l’exposition « Paires et séries » par le conservateur du centre Pompidou à Paris

    Michael Snow : « SOLO SNOW »

    À la galerie d’art de l’Université du Québec à Montréal. Jusqu’au 16 février 2013

    Conçue par la commissaire Louise Déry et produite en partenariat avec Le Fresnoy (Tourcoing, France, 2011), l’exposition comprend un corpus d’oeuvres et d’installations photographiques, vidéo-graphiques et sonores de l’artiste torontois Michael Snow, l’une des figures les plus inspirantes de la scène artistique canadienne des dernières décennies. L’objectif est de rendre compte du caractère multidisciplinaire et expérimental de ce pionnier des arts médiatiques.

    Irene F. Whittome : « BESTIAIRE » À Occurrence, espace d’art et d’essai contemporains, Montréal. Jusqu’au 2 mars 2013.

    Irene F. Whittome : « AFTERMATH » À la galerie Simon Blais, Montréal. Jusqu’au 23 février 2013.

    Irene F. Whittome : « Room 901 » À VOX, centre de l’image contemporaine, Montréal. Jusqu’au 9 mars 2013.

    Voilà l’occasion de voir le travail d’un autre « monument » de la scène artistique canadienne. La carrière d’Irene F. Whittome s’étend sur près de quarante ans. Les thèmes récurrents qui ds dégagent de son travail sont la collection, l’exposition, le musée, la durée, le temps et les traces. Elle a produit à travers les années un important corpus d’oeuvres utilisant des techniques aussi variées que l’estampe, la photographie, la peinture, le dessin, la sculpture et l’installation. Son travail a été abondamment exposé au Canada et à l’étranger. Ses oeuvres font partie des collections des plus importants musées canadiens. Elle est représentée, depuis 2005, par la Galerie Simon Blais à Montréal.

    Jennifer Lefort + Samuel Roy-Bois 

    À la galerie Parisian Laundry, Montréal. Jusqu’au 16 février 2013

    J’aime particulièrement le travail de Jennifer Lefort. Balise (en couleur) est la troisième exposition solo de Jennifer Lefort et représente l’intérêt continu de l’artiste pour les sujets et les idées intangibles et leur traduction dans un langage abstrait.

    La lumière sert comme point de départ dans cette nouvelle série de peintures.

    À propos de l’auteure

    Carole Morin détient un baccalauréat et une maîtrise en psychologie ((Université d’Aix-Marseille, France). Elle a aussi fait des études au Baccalauréat en arts plastiques et au Baccalauréat en histoire de l’art (UQAM). Elle est également riche d’une formation en danse et en théâtre d’improvisation ((The Moving Center, New York), ainsi qu’en créativité (Seymour Segal, Montréal). Après avoir œuvré de nombreuses années dans le domaine de l’éducation (d’abord comme psychologue, puis, comme agent de recherche), elle se consacre aux arts visuels depuis 1999. Elle est artiste-peintre ; elle pratique également les arts d’impression (gravure et estampe numérique). La recherche et l’expérimentation forment l’axe central autour duquel se poursuit sa démarche artistique. Elle collabore avec Premières en affaires depuis septembre 2010.

    Pour en savoir plus : carolemorin.com

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    1 Commentaire

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