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Jean-Francois Archambault, fondateur de La Tablée des Chefs
Tout au long de l’année, du mois de janvier au mois de novembre, vous avez découvert un « Jeune Premier » de la semaine. Au mois de décembre, le média Jeunes Premiers avec l’aide d’un comité externe, a sélectionné un Jeune Premier qui a réellement su se démarquer et impressionner notre jury.
Découvrez le Jeune Premier de l’année 2012 : Jean-Francois Archambault, Directeur général et fondateur de La Tablée des Chefs.
Voici une retranscription de l’entrevue exclusive qu’il nous a accordé pour l’occasion. Découvrez la vidéo de cette entrevue à la fin de l’article.
La Tablée des Chefs est née d’une idée de voir les chefs cuisiniers d’hôtels et de restaurants, de récupérer leurs surplus de nourriture. Quand j’étais sur les bancs d’école, à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec (ITHQ), on était une vingtaine d’étudiants et on cuisinait pour à peu près 80…(façon de dire) Tu manges, il en reste, alors tu te dis : « C’est plate, on vient de préparer beaucoup de repas, pourquoi jetons-nous les reste ? ». Le questionnement se met en route. L’idée m’est vraiment venue comme ça.
Maintenant, La Tablée a beaucoup évolué. Il y a un volet de lutte contre la faim grâce à la redistribution de surplus alimentaires et aussi un volet de prévention, car on ne veut pas que les gens qui ne peuvent pas s’en sortir aujourd’hui par manque de connaissance ou de compétences culinaires, bref d’outils pour cuisiner des repas simples pour leur famille.
On travaille beaucoup pour les générations futures, les adolescents de 12 à 17 ans, pour permettre à ces éventuels jeunes parents et jeunes adultes de prendre en charge leur alimentation et de ne plus dépendre de l’aide alimentaire.
Comment gère-t-on une entreprise « sociale » comme La Tablée des Chefs ?
En fait, la vision de la gestion en est une d’affaires. Ce n’est pas une vision communautaire, et ce ne le sera pas non plus dans l’avenir de l’organisation. L’entreprise « sociale » et un concept un peu nouveau. Lorsque je me suis lancé dans l’aventure en 2006, l’entreprenariat social était tout juste émergent. On n’en entendait pas vraiment parler, sauf dans le Harvard Business Report ou des publications du genre. Aujourd’hui, je pense que le concept s’est clarifié.
J’ai fait le choix de démarrer une entreprise privée, de bâtir de l’équité, tout en gardant la possibilité de vendre mon entreprise dans plusieurs années ou de la donner « en relève » à quelqu’un, voire à mes enfants. Je la gère de la même façon que n’importe quel entrepreneur privé le fait avec son entreprise.
La seule différence, c’est que moi, je dois me rapporter à un conseil d’administration en même temps que de devoir gérer et de devoir prendre des décisions au quotidien, à ma façon. C’est un paradoxe qui rend ma tâche parfois difficile. J’ai mes ambitions, je veux accomplir mes objectifs, mais le véhicule dans lequel j’avance n’est pas à 100 % adapter. En même temps, ça me permet d’expérimenter, d’innover avec ce modèle-là, pour éventuellement laisser la place à d’autres jeunes entrepreneurs sociaux qui vont émergés et qui vont eux définir, si je ne réussis pas à le faire, l’entreprenariat sociale comme une forme vraiment précise dans laquelle l’entrepreneur ne bâtit pas une équité personnelle, mais une équité sociale.
Si je ne voyais pas qu’on a la capacité à contrer les problématiques auxquelles on fait face en amenant les chefs à s’impliquer, je ne le ferais pas. Je ne cherche pas à éliminer tous les problèmes, seulement à faire une différence.
Comment aimerais-tu que l’on s’inspire de ton exemple ?
J’ai peut-être attendu trop longtemps pour faire le saut en entreprenariat. J’ai eu de belles expériences de travail, je ne veux pas me plaindre de ça. Mais, souvent quand un entrepreneur est en entreprise et qu’il travaille pour quelqu’un, il sait qu’il n’est pas à sa place. Ceux qui sentent cette fibre entrepreneuriale en eux, ceux-là le savent. Ils se remettent en question, ne se sentent jamais bien dans un environnement de travail conventionnel, ne vivent pas bien avec l’autorité et savent qu’ils ne peuvent pas exploiter leur potentiel pleinement en tant qu’employés.
Ces gens-là doivent commencer à réfléchir à ce qui les passionne, à ce qu’ils aimeraient vivre au quotidien comme travail, et devenir finalement une seule personne. Parce que moi, quand je travaillais dans l’hôtellerie, j’étais un directeur des ventes et marketing au travail et une autre personne à la maison, au quotidien. Maintenant, je vis mon projet et ne suis qu’une personne. Ça, c’est extraordinaire et je souhaite à tous.
Pour en savoir plus :
Le site internet du média Jeunes Premiers
Le message de l’éditrice de Jeunes Premiers
La composition du jury




